Un plan de 230 millions pour maintenir la réalité de la concurrence dans le milieu éditorial

Il faut croire que le cri de détresse lancé par le monde du livre ce 23 mai ne fut pas entré dans l’oreille d’un sourd. « Monsieur le président n’oubliez pas le livre », tels fut les mots lancés au chef de l’Etat et son gouvernement pour leur demander d’accompagner ce secteur qui est important sur le plan intellectuel comme d’un point de vue économique. D’un point de vue intellectuel, il s’agit de tout faire pour pérenniser la production de  livres, il en va la survie de tout un peuple, de toute une culture, de la progression scientifique et littéraire. D’un point de vue économique, il s’agit de veiller à ce que les géants de l’industrie du livre comme Amazon n’écrasent pas les petites maisons d’édition indépendantes. Dans cette perspective, une série de mesures a été présenté ce 09 juin par Bruno Le Maire et Frank Riester dans le but d’accompagner le secteur du livre. Ces mesures que nous allons présenter, devront être intégrées au troisième projet de loi de finance rectificative de ce 10 juin au conseil des ministres.

Eviter un monopole d’Amazon

25 millions d’euros devront être dégagés pour soutenir les librairies indépendantes afin qu’elles puissent faire face à cette crise occasionnée par la covid19. Un autre chèque de 12 millions devrait les accompagner dans un processus de modernisation et de digitalisation afin qu’elles puissent mettre en place des plateformes de vente à distance performantes. Il s’agit plus de leur permettre d’avoir les moyens de concurrencer la plateforme Amazon pour éviter un monopole ou un abus de position dominante. Il n’est plus à démontrer que de tels déséquilibres fausse le jeu de la concurrence sur le marché et n’arrange ni l’Etat, ni les consommateurs, encore moins les autres entreprises.
 
Une autre enveloppe de 5millions d’euros sera accordée aux petites maisons d’édition pour éviter qu’elles disparaissent, déjà que leur situation n’était pas stable avant cette pandémie. Par ailleurs, l’Industrie pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles dégagera une enveloppe de 40 millions d’euros qu’elle accordera sous forme de prêt aux membres de la filière. D’après Monsieur Riester, il faut impérativement soutenir les librairies indépendantes qui sont le poumon économique de la chaine du livre, et garantir la diversité éditoriale par l’accompagnement des maisons d’édition indépendantes.

Accompagner les auteurs

Du fait qu’on ne puisse pas parler d’industrie du livre sans auteurs, il est également important de les accompagner dans ces périodes troubles. Une panoplie de mesures a été prise à cet effet. L’accès des auteurs au fonds de solidarité est prolongé jusqu’en fin 2020. Cette mesure leur permet de toucher jusqu’à 1500 euros par mois. Entre mars et juin de cette année, ils sont exonérés de toute cotisation sociale. Enfin, il leur sera ouvert la commande publique annoncée par le président de la république Emanuel Macron. Le président du syndicat national de l’édition, Vincent Montagne, estime que c’est un plan équilibré et manifeste sa satisfaction. Pour l’instant 729 librairies et 298 maisons d’édition ont eu recours aux prêts garantis par l’Etat, soit un encours de plus de 100 millions d’euros.








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