Lors de la prestigieuse conférence internationale ACTRIMS-ECTRIMS, la biotech française AB Science a pu présenter les résultats positifs de son étude clinique de phase 2B/3 évaluant sa molécule phare, le masitinib, dans les formes progressives de la sclérose en plaques. Une reconnaissance supplémentaire pour ce candidat médicament très prometteur.


Le masitinib d’AB Science suscite l’intérêt de la recherche internationale sur la sclérose en plaques
C’est la plus grande conférence internationale consacrée à la recherche sur la sclérose en plaques (SEP). Programmée tous les trois ans, elle est organisée conjointement par les Comités américain (ACTRIMS) et européen (ECTRIMS) pour la recherche et le traitement dans la sclérose en plaques. Elle rassemble régulièrement jusqu’à 10 000 participants venus du monde entier, y compris les leaders d’opinion et les décideurs dans le domaine de la politique de santé.
 
Cette année, pandémie de Covid-19 oblige, la 8e réunion conjointe ACTRIMS-ECTRIMS – MSVirtual2020 –, qui devait initialement se dérouler à Washington DC, s’est tenue sous forme virtuelle du 11 au 13 septembre. À cette occasion, des scientifiques, neurologues, cliniciens et chercheurs de renommée internationale ont pu néanmoins présenter, comme lors des éditions précédentes, les dernières recherches, les résultats d’essais cliniques et les avancées technologiques et diagnostiques dans le domaine de la sclérose en plaques.
 
Rappelons que cette maladie particulièrement handicapante touche 2,5 millions de personnes dans le monde, dont environ 500 000 aux Etats-Unis, autant en Europe, et plus de 100 000 en France… Et qu’il existe aujourd’hui un grand besoin médical non satisfait pour les personnes atteintes des formes progressives de la maladie (PPMS et nSPMS), qui affectent la moitié des patients touchés par la SEP, soit environ 500 000 personnes en Europe et aux Etats-Unis.
 
Parmi les solutions thérapeutiques les plus avancées testées en essais cliniques, figure le masitinib, la molécule phare d’AB Science. La biotech française a ainsi été sélectionnée par la 8e réunion conjointe ACTRIMS-ECTRIMS– MSVirtual2020 pour présenter les résultats de son étude clinique positive de phase 2B/3 (AB07002) dans les formes progressives de la sclérose en plaques. Patrick Vermersch, professeur de neurologie à l'Université de Lille et coordonnateur de l’étude, a pu ainsi exposer, le 13 septembre 2020, les données clés de cette étude, qui démontre une réduction statistiquement significative de la progression de l’invalidité dans les formes progressives de la SEP.
 
Pour Patrick Vermersch, « le fait d’être sélectionné pour une présentation à cette réunion prestigieuse est une indication claire du niveau d’intérêt suscité par cette approche innovante et de l’impact potentiel du masitinib dans le traitement des formes progressives de la sclérose en plaques ». Cette invitation à la plus importante conférence internationale consacrée à la recherche sur le sujet constitue assurément une reconnaissance supplémentaire pour le candidat médicament d’AB Science, après les résultats positifs de son essai clinique de phase 2B/3. Un nouvel événement qui devrait renforcer l’intérêt des investisseurs et des autres laboratoires comme Biogen ou Sanofi. Le masitinib est potentiellement un traitement de rupture, le premier à offrir un ralentissement net dans l’évolution de la maladie, grâce à son mode d’action spécifique, qui soutient les données cliniques.
 
Cette molécule a en effet un mécanisme d’action unique en neurologie : il s’agit d’un nouvel inhibiteur de kinases sélectif qui cible les mastocytes et les macrophages (cellules microgliales), éléments essentiels de l’immunité, et inhibe donc l’activation du processus inflammatoire. Le masitinib est le premier médicament oral développé dans les formes progressives de la sclérose en plaques qui cible le système immunitaire inné. Du fait de sa moindre toxicité par rapport aux autres traitements, l’un de ses intérêts réside également dans la possibilité de l’utiliser pour un traitement d’une durée supérieure à dix ans, selon les données de tolérance actuelles.
 
Rappelons qu’à ce jour aucun traitement n’a été enregistré dans la forme secondairement progressive non-active de la maladie (nSPMS) et qu’un seul a été autorisé dans la forme progressive primaire (PPMS) : l’ocrelizumab, de Roche. Un immunosuppresseur présentant un niveau de toxicité assez élevé et donc peu adapté à un traitement long, supérieur à trois ans, pourtant indispensable pour la prise en charge d’une malade chronique comme la SEP. L’attente est donc immense, le potentiel du marché énorme et la course entre les laboratoires, particulièrement intense. AB Science semble avoir pris une longueur d’avance.
 







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