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Lundi 30 Octobre 2017


La promotion immobilière obéit à des règles de plus en plus exigeantes à mesure qu’elle s’impose des ambitions renouvelées. Dans ce contexte, Interconstruction se présente comme un acteur innovant.


Programme « Regards en Seine », à Saint-Cloud (92) par Interconstruction
Programme « Regards en Seine », à Saint-Cloud (92) par Interconstruction
Dans un marché de la promotion immobilière de plus en plus concurrentiel, porté notamment par les perspectives ouvertes autour du Grand Paris, Interconstruction vient de recevoir le « Prix de la conduite responsable des opérations », attribué par la Fédération des promoteurs immobiliers Île de France (FPI IDF), pour son programme « Regards en Seine », à Saint-Cloud (92).
 
Depuis sa mise sur le marché il y a près de dix ans, le terrain, particulièrement délicat, n’avait pu être acheté par aucun promoteur. Situé à flanc de colline, le projet a nécessité un savoir-faire technique complexe puisqu’il a fallu construire une paroi tirantée de 60 mètres de long et de plus de 20 mètres de haut. Il a également été nécessaire de démonter avant de reconstruire, pierre par pierre, un pavillon Napoléon III classé. Ce type d’intervention a nécessité une sélection étroite de partenaires spécialisés, notamment des artisans pour le travail de la pierre et un architecte en chef des monuments historiques. Mais, au-delà des défis techniques relevés, la société, en recevant ce prix, réaffirme sa capacité à concilier des enjeux très divers, et potentiellement antagonistes : impératifs commerciaux, sociaux et humains.
 
L’approche d’Interconstruction, qui s’illustre principalement dans des zones urbaines denses comme par exemple les 75 000 m2 de bureaux réalisés à Châtillon (92) en partenariat avec Nexity, privilégie le cas par cas plutôt qu’une grille d’intervention uniformisée. Dans cette perspective, les relations avec les riverains et les associations de quartier occupent une place prépondérante. Il s’agit d’être à l’écoute et d’anticiper leurs interrogations, voire parfois leurs craintes légitimes concernant d’éventuelles nuisances. En un mot, il faut savoir créer de la confiance.
 
Selon Marc Villand, PDG du groupe : « La réponse du groupe Interconstruction est une réponse de haute couture. Nous faisons du « sur-mesure » pratiquement au prix du prêt-à-porter. » Alors que les grands groupes fonctionnent en général selon des procédures hiérarchisées, Interconstruction s’attache tout particulièrement à fonctionner sur le mode collaboratif.
 
A la tête du groupe depuis 2003, Marc Villand a vu doubler les effectifs et le volume d’activité être multiplié par cinq, sans pour autant miser sur la croissance externe : toutes les filiales (Ouest, tertiaire et coopérative) sont des créations. « Nous voulons nous développer en préservant notre exigence de qualité, qui repose en grande partie sur le recrutement et la formation de collaborateurs qui portent les valeurs du groupe », précise le PDG. Dans son recrutement, Interconstruction accorde d’ailleurs une place importante à l’éthique. Travaillant sur des enjeux de construction, financiers et politiques, les risques de dérapages sont réels. Pour les circonscrire, les contraintes règlementaires et légales doivent être connues et acceptées par tous. Sans oublier la dimension commerciale, point fort d’Interconstruction qui imagine avant le premier coup de pioche les outils de vente adaptés : films de simulation 3D qui permettent aux futurs acquéreurs de se projeter dans les produits, communication adaptée aux enjeux et accompagnement du client par des notaires et des avocats. Une volonté de clarté appréciée par des acheteurs potentiels mis en confiance.
 
En effet, les points cardinaux de la promotion immobilière, respect des délais et coordination des intervenants, font bien sûr partie des pré requis. Mais Interconstruction privilégie toujours l’excellence dans son approche des projets, notamment en misant sur l’individualisation des logements et un volontarisme esthétique qui place l’art au centre de la vie urbaine.
 
Dans son approche globale, le groupe cherche à concilier esthétique et performances : « la première qualité d’un bâtiment intelligent est justement d’être beau ». Les façades doivent être à l’épreuve du temps. Les espaces verts doivent donner envie aux riverains de se les approprier tout en ayant pour objectif d’enrichir au maximum la biodiversité.
 
A l’échelle de la ville, du quartier ou du logement, les enjeux du siècle questionnent la place des espaces communs, des services, de l’innovation, de la maitrise des charges et de la mixité sociale. Pour Marc Villand, « l’écosystème urbain est un terme à rapprocher des opérations complexes, de la conduite responsable des opérations, de la connaissance fine du tissu urbain et de l’intégration des programmes dans ce tissu. »
 
Dans la même optique, Interconstruction cherche à valoriser les productions éco-responsables, tout en acceptant leurs limites, notamment architecturale : « Le principal intérêt des bâtiments bois, c’est qu’ils emprisonnent le carbone si le matériau est issu de forêts gérées durablement. Deuxième avantage, le bâtiment bois peut être monté deux fois plus rapidement qu’un bâtiment classique… »
 
Cette remise en question permanente et la grande habitude des projets complexes permettent à Marc Villand d’avoir une hauteur de vue qui constitue probablement l’une des clés du succès de son groupe. Optimiste, il regrette toutefois que les subtilités réglementaires multiples et en expansion constituent un frein à l’innovation des promoteurs : « le règlement doit accompagner voire anticiper les changements ; or il a aujourd’hui deux trains de retard sur les mutations de la société. »