Les Stratégies




Vendredi 20 Décembre 2013

Renault a suivi son compagnon Nippon Nissan en Chine en s’alliant avec Dong Feng dans une coentreprise à Wuhan dans le centre du pays. L’intérêt est de taille puisque Carlos Ghosn, le P-DG de Renault (et Nissan) a fait le déplacement pour la signature le 16 décembre dernier.


Nouvel assaut pour Renault après l’Inde et la Russie : la Chine
 
Sur les traces de Nissan et de Peugeot…et de tant d’autres

Renault tient les rennes haut la main, de son destin en Chine à coups de communication sonnante et trébuchante, ding Dong Feng… Les signaux d’alarme ont été sans doute lents à entendre, puisque le constructeur du Trafic est un des derniers à rentrer activement dans le panorama automobile chinois. Il a été devancé bien avant lui par Honda, Volkswagen, Peugeot et tant d’autres. C’est donc un moindre mal d’établir une base avancée non loin du fleuve jaune, comme le rire qui pouvait atteindre M. Ghosn en signant presque 25 ans plus tard un accord comme celui qui avait été signé par Peugeot ou Honda.

Il est vrai qu’il y a des circonstances atténuantes, puisque l’allié de Renault, mais aussi le plus gros contributeur aux émoluments du Président des deux marques, avait déjà conquis le terrain depuis quelques années.
Et pourtant, ce n’est pas le premier accord que Renault signe avec Dong Feng. Le constructeur chinois a récupéré le vieux Trafic produit à l’époque dans les usines de Gennevilliers pour lui donner une seconde vie. L’ancien Trafic, et néanmoins très robuste, puisque l’on en voit circuler encore, a été produit dans le centre de la Chine jusqu’à très récemment.

Echange de mauvais procédés

Cette action serait-elle un revers flanqué à son concurrent Peugeot ? N’oublions pas que M. Tavares a été débarqué cet été par le Président Ghosn pour rejoindre Peugeot et prendre la Direction du Groupe au lion et aux chevrons début 2014. Par ailleurs, Peugeot est u des plus grands alliés de Dong Feng, puisque historiquement, le Groupe chinois est en partenariat de très longue date avec Peugeot-Citroën. Et c’est sans doute grâce au français que le chinois a pu vraiment réussir un coup commercial vantant la voiture pour tous au pays de Mao.

Toujours est-il que d’ici à ce que l’usine de Renault-Dong Feng sorte de terre, et soit capable de produire 150 000 unités par an, de l’eau aura coulé sous les ponts. Pour comparaison, Geely, le 7e constructeur chinois produit un peu plus de 450 000 véhicules par an. Alors, avant que Renault arrive à dominer le marché, il lui faudra mettre davantage de moyens.

Et d’ailleurs, heureusement que M. Ghosn ne soit pas être premier partout, car son entreprise serait bien fortement endettée. Ses investissements en Amérique Latine, puis en rachetant Dacia, Lada, et en arrivant de manière très imposante en Inde montrent à quel point le patron est ambitieux pour son Groupe.

Espérons que cette opération ne vienne pas ternir les relations avec son conjoint Nissan. Les deux marques vont être concurrentes sur un même territoire avec un produit similaire. Ce fut encore très rarement le cas, mis à part le cross-badging sur véhicule Trafic (Primastar), et le Koleos dans la même gamme que le Qashqai ne venaient ternir les relations puisque le volumes concurrents étaient faibles (Primastar pour Nissan et Koleos pour Renault).