Analyses




Lundi 23 Décembre 2013

Le 17 décembre dernier, l’équipementier français de l’énergie et de l’industrie pétrolière Technip annonçait une baisse de régime. Le contexte du secteur de l’énergie reste très tendu. S’agit-il d’une amorce de transformation ?


L’ingénierie de l’énergie est-elle en transformation ?
Un jeu concurrentiel très important

En quelques séances, le titre Technip a dévissé de plus de 10%. L’annonce d’une révision de ses objectifs pour les années 2014-2015 n’a pas rassuré la bourse de Paris. Et pourtant son chiffre d’affaires est toujours prévu à la hausse avec une prévision d’environ 10% de plus que le chiffre d’affaires de cette année pour s’établir à plus ou moins 4,5 milliards d’euros. C’est plutôt la marge qui aurait tendance à trinquer pour l’activité Subsea (infrastructures sous-marines).
Les contrats sont toujours plus difficiles à gagner et à signer. Néanmoins, le 18 décembre, Technip a signé avec Kuwait Oil company (KOC) un contrat se chiffrant à plus de 400 millions de dollars pour l’activité service et conseil en ingénierie au sein d’une gestion de très grand projet. Ce contrat ne rentre pas dans l’activité Subsea. C’est cette dernière qui a tendance à trinquer.
L’activité est toujours soutenue, mais les concurrents sont là, et notamment le plus important : l’américain Subsea 7. Incontestablement le savoir-faire du français reste une marque de fabrique. Le Groupe de Thierry Pilenko a construit sa réputation sur le sérieux de ses équipes, la rapidité d’exécution et les avantages technologiques exclusifs.
C’est toute la branche de ce secteur baptisé Subsea qui observe une baisse de régime, y compris CGG Veritas. Et Technip n’a jamais été aussi près de ses clients et toujours très ingénieux dans ses propositions. Le Directeur du Business Développement et de la Stratégie de la branche Subsea est sur les rangs. Rémi Birkeland, ce brillant norvégien, a su mener à profit de très nombreux projets notamment au Brésil, une région très porteuse. C’est un atout dans la garde rapprochée de M. Pilenko, notamment pour trouver d’autres chemins innovants pour encire mieux répondre aux besoins des clients qui évoluent.

Une branche parapétrolière en transformation

Au-delà d’une rentabilité qui s’effrite, c’est tout un pan de secteur qui est en pleine évolution. On peut sans doute parler de transformation. Les forages sous-marins sont toujours plus coûteux, et la ressource naturelle n’est bien évidemment pas renouvelable.
Ce n’est donc pas un problème de mode, mais de politique. L’énergie renouvelable doit donc être au cœur des nouvelles stratégies, que ce soit des pétroliers, que des équipementiers comme Technip. Le pétrolier Total s’est déjà lancé dans la distribution…des énergies électriques pour les voitures de nouvelle génération.
A long terme, il s’agit de trouver un autre dynamisme avec le cœur de métier et le savoir-faire de Technip. Ce travail exploratoire est déjà amorcé. Il ne faudra tout de même pas trop tarder, non seulement par une activité qui pèse de moins en moins chaque année dans les comptes du français, mais aussi pour conserver comme toujours une longueur d’avance sur ses concurrents.
GDF-Suez a lui aussi anticipé les évolutions des usages du gaz (énergie non renouvelable) avec des méthodes extrêmement pragmatiques d’innovation d’accès à de nouveaux marchés comme l’effectuation, dans l’équipe de David Dupuis au Centre de Recherche & Innovation Gaz et Energies Nouvelles (CRIGEN). Technip pourrait bien s’en inspirer…