Les Stratégies




Mercredi 31 Juillet 2013

2004 : deux entrepreneurs passionnés de sport et de voyages créent Wonderbox, la première entreprise en France de coffrets-cadeaux. Surfant sur un concept en plein développement, Wonderbox s’attaque au marché des loisirs avec pour arme principale une culture d’entreprise fondée sur l’éthique et une logique partenariale poussée. Presque 10 ans plus tard, l'entreprise affiche une croissance pérenne. Retour sur un parcours "from scratch".


Wonderbox: leçon de santé économique et financière illustrée
La naissance du projet : la passion
 
A l'initiative de Wonderbox,  deux personnes : Bertile Burel, diplômée de Sciences-Politiques et James Blouzard, diplômé de l'ESCP Europe, également à l'origine du lancement français de Lasminute.com en 1999.  Sportifs et globe-trotters, les deux jeunes mariés décident de placer leur passion au cœur de leur activité professionnelle. Ils imaginent alors un concept qui leur permet de mettre le loisir à la portée de tous. Bertile Burel et James Blouzard conçoivent des aventures testées et approuvées par des professionnels, en prenant soin de mettre l'accent sur le patrimoine français, souvent méconnu... des Français eux-mêmes. Ainsi, Wonderbox propose une large gamme de loisirs, auprès de partenaires de différentes envergures.
 
Une entreprise leader avant de souffler sa dixième bougie
 
L’entreprise familiale, bien qu’elle soit restée à taille humaine, a su se tailler de belles parts de marché au fil des ans. Ses résultats récents en attestent : Wonderbox compte 15 000 partenaires répartis sur l'ensemble du territoire français, soit le plus important réseau en France, et observe une croissance annuelle pouvant atteindre  30%. Comment ? « Notre impératif est de ne jamais décevoir nos clients. Il y a une forte dimension affective dans un cadeau, la qualité de nos prestations détermine donc directement la crédibilité de notre service. »
 
Autre donnée importante ayant contribué au succès de Wonderbox : sa capacité d’anticipation des changements sociaux en France, bien avant que ne se démocratise le modèle du coffret-cadeau. Avec l'apparition des RTT, le temps de loisir des Français s'est fragmenté mais l'intérêt national pour la détente, le sport et la découverte demeure intact (en 2011 les ménages consacraient 8,4% de leur budget à la détente et aux loisirs). A cela s'ajoute un autre facteur, économique cette fois : la crise, qui diminue les budgets vacances. Nombreux sont les français qui préfèrent profiter pleinement d'un temps de loisir plus court, mais aménagé, testé et approuvé. Dans ce contexte, Wonderbox distribue alors des produits en phase avec ces nouvelles habitudes de consommation. James Blouzard explique : « sur la toile, nous sommes passés en quelques années d’un secteur atomisé et peu lisible, à une agrégation des acteurs du web qui a favorisé la désintermédiation dans le secteur touristique. À la tête de Lastminute, j’ai participé à ce phénomène. » D’où l’idée fondatrice de Wonderbox : « Notre métier est de démocratiser l’accès à des expériences insolites et originales », poursuit James Blouzard. Or, « notre pays regorge de destinations de rêve propices aux expériences exceptionnelles. La difficulté est de savoir où les trouver et de les sélectionner. » Apporter de la valeur ajoutée à l’intermédiation, voilà donc la clé du positionnement stratégique de la marque : « nous associons le loisir, la proximité et la surprise dans un concept qui accueille ces trois dimensions : le coffret-cadeau. Nous simplifions ainsi l’acte d’offrir, de partager. » De quoi ajouter, confiant : « Nos clients ont l'air satisfaits : en 2012, nous avons vendu 1,5 millions de coffrets ! »
 
Mais à ce positionnement clairvoyant, s’ajoute un facteur explicatif essentiel de la réussite du jeune couple: ce facteur, c’est la culture d’entreprise de Wonderbox ; Un savant mélange de spontanéité et de principes, que Bertile Burel résume assez simplement : « le goût de ce métier contribue à créer une ambiance particulière qui, au final, permet d’améliorer sans cesse la qualité de nos services et de satisfaire au mieux nos clients ».
 
Un facteur différenciant : la dimension humaine
 
En plaçant l'éthique, le plaisir et le respect de l'individu au centre de sa culture d'entreprise, l'aventure familiale Wonderbox a fait le pari d’une identité spécifique. « Wonderbox est parvenu à se différencier de la posture ‘transactionnelle’ de certaines entreprises. Notre intérêt pour les loisirs et la découverte nous permet d’apprendre et d’améliorer continuellement la qualité de nos prestations. C’est ce qui nous a permis de tisser des relations durables avec nos clients », explique Bertile Burel. Et cette relation durable, Wonderbox ne la cultive pas uniquement avec ses clients : « Lorsqu’ils se sentent écoutés, les collaborateurs s’impliquent et ne se cantonnent pas à une définition restrictive de leur fonction, ils s’approprient les objectifs de l’entreprise. L’écoute est le meilleur moyen de garder toujours éloigné le spectre de l’entreprise kafkaïenne et bureaucratique. La seule exigence que nous avons en retour vis-à-vis de nos collaborateurs est le respect des valeurs qui nous sont chères : l’excellence, on en a parlé, mais aussi l’initiative et l’intégrité. » 
 
Aujourd’hui, l'entreprise emploie 200 salariés, en majorité des passionnés dont l'intérêt contribue à l'émulation des compétences au sein de l'équipe : "on ne fait bien que ce que l'on aime bien", rappelle Bertile Burel. L'entreprise connaît ainsi un taux de turn-over extrêmement faible, l'intérêt et la motivation des postulants étant les principaux critères de sélection, loin devant leurs diplômes. Au niveau des partenariats, Wonderbox entretient de bonnes relations avec ses prestataires grâce à ses règles de gestion financière auxquelles aucune exception ne déroge. Par exemple, le paiement des partenaires sont opérés sous 15 jours, comme le précise James Blouzard : « Wonderbox gère sa trésorerie en bon père de famille. Nous opérons en matière financière avec beaucoup de rigueur, de précaution, et en gardant à l’esprit que l’argent que nous manipulons ne nous appartient pas. La disponibilité de notre trésorerie conditionne la solidité de nos relations B2B et de notre modèle économique. »
 
Sur la base d’une idée originale, ce projet porté par la passion est devenu en l’espace de moins de dix ans une marque de référence dans l’univers des loisirs et de la détente. Jusqu’à s’offrir le luxe, désormais, d’une utilité sociale : celle de démocratiser les expériences haut de gamme. C’est du moins ce qui transpire de la conviction avec laquelle James Blouzard conclut : « beaucoup de gens peinent encore à partir en vacances aujourd’hui. (...) Je souhaite que le coffret-cadeau soit aussi un moyen pour ces personnes de renouer avec le loisir et la découverte. Si cela leur permet de s’évader en conduisant une Ferrari ou en faisant un saut en parachute alors qu’elles n’ont pas le temps ou les moyens de le faire d’habitude, j’estime que ma femme et moi-même, ainsi que toute la communauté de professionnels qui se sont engagés avec nous dans cette aventure, sommes fidèles à notre vision du métier. »