Analyses




Vendredi 6 Septembre 2013

Les deux dernières années n'ont pas été de tout repos pour l'un des plus importants voyagistes au monde : Thomas Cook. En 2011, cet opérateur britannique accusait une perte colossale avec un titre boursier en net retrait.


Thomas Cook: la survie d'un modèle en question
Des mesures drastiques s'imposent alors pour remettre ce train en perdition sur de bons rails. Fermetures de plusieurs points de vente au Royaume-Uni, coupes importantes au niveau du personnel, cessions d'une partie de sa flotte aérienne sont autant de décisions inévitables pour la survie de l'entreprise. Au même moment, les négociations se sont enchaînées auprès des banquiers et autres créanciers de la société, toujours dans l'optique de retrouver la meilleure assise financière en vue de la continuité de ses activités. Mais, l'embellie n'est pas encore au rendez-vous. Cependant, un espoir transparaît chez Thomas Cook, notamment dans l'Hexagone, où il a renoncé à céder sa filiale.

Thomas Cook, une référence mondiale du secteur touristique

Le précurseur des principaux métiers du voyage a traversé une période difficile au cours des deux dernières années. Thomas Cook, celui-là même qui a distribué les billets pour la croisière inaugurale du Titanic en 1912, accumule les pertes financières près de 100 ans après. Depuis les années 2000, le groupe enchaîne cependant les succès. Fleuron européen du secteur, c'est même le deuxième opérateur européen, derrière son concurrent TUI. Thomas Cook ne compte pas moins de 1 300 agences au Royaume-Uni et environ 700 représentations dans l'Hexagone. L'illustration de la croissance sans fléchissement du groupe pendant les années 2000 est ainsi remarquable surtout depuis 2007, année à partir de laquelle il investit intensément à travers le monde. Les rapprochements et autres démarches collaboratives se multiplient à l'époque : Thomas Cook s'associe avec le Canadien TriWest, le russe Intourist et l'allemand Öger Tours, ainsi qu'avec les enseignes Hotels4You, MyTravel et Co-Operative Group. Cinq cents millions de livres sont investies pour ces différentes opérations. Le nombre d'agences opérationnelles est revu à la hausse, tout comme le personnel du groupe qui passe à 30 000 salariés au niveau mondial.

Des résultats catastrophiques

2011 sonnent comme une première alerte au vu des résultats commerciaux de Thomas Cook. Plus d'un demi-milliard de livres de dettes s’est accumulé au terme de son exercice annuel. Cette situation est un des effets de la crise économique dans la zone euro. Au Royaume-Uni comme en France, les transactions ralentissent et entraînent des pertes colossales pour le groupe. Mais ce contexte n'est pas uniquement attribué à l'incertitude économique en Europe. La chute des activités de Thomas Cook est également liée à la succession des troubles politiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, qui sont pourtant des destinations phares du tourisme mondial. 2011 s'achève donc avec un bilan décevant. Les pertes financières ont été multipliées par 200 par rapport à l'année précédente. Le groupe enregistre une chute de 520,7 millions de livres contre 2,6 millions seulement un an plus tôt. Pour la période qui suit, les résultats ne s’améliorent pas. L'exercice 2012 présente une note encore plus salée avec des pertes comptabilisées à 585,9 millions de livres, soit environ 676 millions d'euros.

Plan de restructuration au Royaume-Uni et en France

Les alternatives du voyagiste pour contrecarrer cette situation catastrophique sont nombreuses. En 2011, la première démarche de Thomas Cook est de renégocier avec ses banques et ses créanciers. In extremis, un accord de refinancement a été trouvé à cette époque, afin que le groupe puisse disposer d’un  répit pour mettre en place un important plan de redressement. Il s'ensuit alors la fermeture de près de 200 de ces agences au Royaume-Uni. Près de deux années seront nécessaires pour la réalisation de cette étape cruciale. Au bas mot, cela coûtera la suppression d'environ 1 000 emplois dans le pays. Le nombre d'hôtels proposés à la clientèle britannique est par exemple réduit. La cession d'une partie de sa flotte aérienne est également étudiée. Des 41 avions Thomas Cook, il n'en restera que 35 à l'issue de la refonte. Au premier trimestre 2012, la filiale française du groupe est même au centre des discussions. En raison des résultats baissiers, le groupe a la ferme intention de la vendre. Revirement de situation cependant un an après : Thomas Cook revient sur sa décision et confirme à nouveau vouloir conserver ses activités et ses enseignes dans l'Hexagone. Il affirme cependant que ce maintien ne se fera pas sans un plan spécifique pour intensifier les performances du groupe. Un nouveau contre-la-montre débute ainsi pour Thomas Cook en France.