Analyses




Lundi 3 Mars 2014

En 2011, l’Ukraine a rejoint la communauté européenne de l’énergie et prévoit la création d’un grand marché de l’énergie. La Russie fait pression, sur ce pays central dans les flux énergétiques internationaux.


Pourquoi les intérêts économique en Ukraine  sont-ils si convoités ?
Modernisation agricole

L’Ukraine est devenue un véritable grenier pour l’Europe. Ce pays est le premier producteur et exportateur mondial de tournesol. La céréaliculture reste un atout très important de ce pays.
Mieux organisés, avec des moyens modernes, la productivité agricole du pays s’est nettement améliorée dans les années 2000. Cette industrie reste très gourmande en énergie, et notamment en gaz.

Bon client pour le gaz

La Russie a depuis longtemps flairé le bon client. Et l’Ukraine est sans doute considérée comme une vache à lait, puisque le prix du gaz vendu en Ukraine par la Russie s’établit à 0.4 dollars le mètre cube alors qu’il est vendu 20% moins cher en Allemagne.
L’industrie chimique très présente, compte-tenu des ressources minérales importantes et diversifiées en Crimée, consomme aussi beaucoup de gaz dans son processus industriel.

Une position géographique stratégique

60% du gaz russe transite vers l’Europe par l’Ukraine. Alors le géant russe Gazprom souhaiterait renouveler son coup de maître comme il l’a fait avec la Biélorussie et l’Arménie : prendre le contrôle des gazoducs ukrainiens. En conséquence de quoi, la filière gazière ukrainienne serait complètement maîtrisée, si Gazprom prend également possession des réservoirs de gaz ukrainiens installés majoritairement en Crimée, et qui représentent un tiers des capacités de stockage de l’Europe.
La Crimée pourrait ainsi devenir le robinet principal gaz de l’Europe, dont le débit serait commandé par la Russie. Avec cette maîtrise, les russes pourraient ainsi dicter le prix du gaz à l’Europe.

Le statut particulier de la Crimée, qui est une presqu’île située entre la mer Noire et la mer d’Azov, est essentiellement russophone compte-tenu du passé récent où les russes sont encore très présents. La ville de Sébastopol accueille dans son port la flotte sud de la Russie.

Des décisions politiques ukrainiennes importantes aux conséquences économiques lourdes pour l’Europe

En décembre 2013, l’Ukraine a négocié le prix du gaz russe. En échange, Moscou a exigé un désengagement énergétique de l’Ukraine avec l’Union Européenne. En effet, M. Poutine a l’ambition de construire l’Union eurasienne qui pourrait reconstruire l’empire soviétique en attirant les anciens satellites soviétiques, comme l’Ukraine.
La Crimée est particulièrement visée puisque l’influence russe reste omniprésente. Son statut particulier permet à tout habitant de Crimée de recevoir un passeport Russe.

La presqu’île est aussi un lieu de passage aussi bien humain qu’énergétique. Elle se situe entre l’extrémité sud-Est de l’Europe et une des portes de l’Asie avec le Caucase. C’est aussi le lieu de passage de gazoducs et d’oléoducs.
Les évènements politiques actuels pourraient fortement déséquilibrer les rapports économiques entre l’Europe et la Russie. La prise de contrôle de la Crimée par la Russie pourrait provoquer l’augmentation immédiate du prix du gaz européen, mais aussi de matières premières comme le blé et le tournesol.

crédit photo jardineravecjeanpaul.fr : tomate noire de Crimée