Les Organisations




Lundi 9 Mars 2015

Le cabinet de conseil AgileBuyer et le Groupe Achats et Supply Chain de l'association HEC Alumni ont récemment publié l'édition 2015 de leur enquête sur les pratiques d'achat en entreprises. Cette année, on remarque que les achats réalisés dans les pays à bas coût ralentissent.


Les priorités des acheteurs pour 2015
Intitulée "Les priorités des services achats en 2015", cette 5ème étude montre que pour 58% des professionnels interrogés, les achats dans les pays à bas coût ne seront pas un axe de travail en 2015. Olivier Wajnsztok, directeur associé de AgileBuyer explique : "C'est une tendance qui se maintient depuis 2013, avec une constante confirmation de cette baisse d'intérêt. Depuis trois ans, 2% des sondés annoncent vouloir diminuer la part de leurs achats en pays à bas coûts. Cette part rigoureusement identique indique que les services achats ne souhaitent pas majoritairement relocaliser".
 
Au delà de ce premier constat, les 4 grandes observations sur la relation des donneurs d'ordre aux sous-traitants sont la priorité à la réduction des coûts et à la restriction du nombre de fournisseurs, le constat que 25% des directeurs achats indiquent avoir déjà fait l'objet d'une tentative de corruption, le fait que seuls 14% des services achats ont des objectifs d'achat "Made in France" et le constat que l'objectif "achats durables" est en baisse de 9% par rapport à 2014.
 
Par rapport à la réduction des coûts qui est l'objectif prioritaire cette année, c'est dans les secteurs du bois/papier/imprimerie et mécanique/métallurgie que les directeurs achats ont majoritairement affirmé cette décision, conséquence directe de la crise ou de la très forte concurrence qui touchent ces secteurs. En revanche, cet objectif n'est pas jugé comme prioritaire dans les secteurs de la banque, de l'assurance et de l'hôtellerie/restauration/loisirs. Dans ce dernier secteur, la demande est plutôt au segment "haut de gamme", incitant les entreprises à recherche une augmentation de la valeur ajoutée plutôt que la réduction des coûts.
 
A noter enfin le faible score du "Made in France" qui ne rassemblent que 14% des acheteurs dans leurs prévisions d'achat. L'étude remarque à ce propos que le patriotisme des consommateurs semble être inversement proportionnel à celui des acheteurs... : "En France, mieux vaut mettre une étiquette "Made in France" sur un produit de grande consommation que sur une pièce mécanique ou une machine industrielle. C'est exactement l'inverse du comportement de nos voisins Allemands. Leur fonctionnement en écosystème les poussent à acheter local dans les affaires interprofessionnels." Une approche qui mériterait d'être étudiée plus avant.