Analyses




Mercredi 27 Novembre 2013

Les fabricants de cosmétiques français débordent d’ingéniosité dans une concurrence internationale. Tout est bon pour valoriser ce qui a trait au terroir, et à la spécificité française.


Cosmétique : les entreprises françaises toujours plus innovantes
Une innovation antique

L’homme s’est toujours protégé avec des corps minéraux ou gras. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les cosmétiques furent accessibles à toutes les classes sociales. C’était le teint blanc qui était recherché. Il s’agissait davantage d’un phénomène de mode plutôt que de protection de la peau.
L’histoire contemporaine a permis un grand bond en avant grâce à l’industrialisation. De ce fait, l’accessibilité au marché fut facilitée avec des prix abordables. Les formules ont aussi évolué avec des compositions majoritairement à base de produits phéniqués et de synthèse.

Retour aux fondamentaux

La consommation moderne des cosmétiques a bouleversé les usages et la tendance vers un retour aux produits naturels semble irréversible. La cosmétique actuelle est réservée à une clientèle qui souhaite acheter en premier lieu du bien-être. Le soin médical cutané quant à lui reste encore en grande partie réservé à la profession médicale des dermatologues, qui prescrivent des médications sous ordonnance encore uniquement délivrées en pharmacie.

Et justement, Yves Rocher s’y est rapidement mis avec son fameux slogan de l’ADN végétal. Il s’agit avant tout de marketing, puisque l’ADN d’un autre être vivant ne peut physiquement se substituer à un ADN humain. Il est sûr que cela ne fera pas de mal, mais en ce qui concerne l’efficacité sur le renouvèlement des cellules humaines, elle reste encore à prouver...
La santé par les plantes est redevenue un leitmotiv fondamental. Et le marché français s’étoffe et se complexifie. Les producteurs de cosmétiques ne sont plus de grandes industries, mais aussi des artisans, des PME. Ainsi,la Société Alorée, créée en 2009, utilise la chlorophylle comme substance active. Alorée se définit comme une entreprise locavore. Il s’agit de créer une identité à l’entreprise et aux produits, et pour le commerce du bien-être, ceci semble vital. C’est une manière de se différencier. L’entreprise mise sur l’innovation régionale pour une commercialisation internationale.

Valorisation du terroir

Au-delà du bien-être, c’est le rêve qui est vendu. Alorée en est une pionnière. Comment rapporter ou se procurer des produits locaux qui font du bien à distance ? Les produits cosmétiques en sont de très bons ambassadeurs : le prix peut être élevé, et le rêve pour le client garanti.
La jeune Société Perle de Jument installée sur le plateau du Vercors Nord non loin de Villard-de-Lans, a décidé de commercialiser des produits moyenne gamme avec un label très naturel et très terroir. Les vertus du lait de jument sont réputées depuis l’antiquité. Et le Vercors historiquement n’était pas réputé pour ses élevages équins, mais plutôt pour ses vaches Villardiennes. Alors dans ce cas, il s’agit plutôt d’une segmentation marketing qui s’analyse par une maturité du marché. Les produits français de cosmétiques restent parmi les leaders du marché mondial, puisqu’aujourd’hui l’image de la France est reflétée par le luxe et le raffinement. Il suffirait que la vedette soit volée par d’autres et même avec une différenciation forte, l’empire pourrait rétrécir. Le terroir slogan français fait encore vendre, mais jusqu’à quand ?