Les Hommes




Vendredi 14 Février 2014

EDF va peut-être vouloir conserver Henri Proglio, qui achève son mandat à la fin de l’année avec des performances très convaincantes. L’entreprise s’est en partie désendettée, les résultats sont très bons, et les concurrents ont très peu de l’électricien français.


Bilan positif pour la mandature Proglio à la tête d’EDF
Une histoire humaine

Le brillant diplômé d’HEC, qui ne rince pas sa langue au xylophène tire très bien son épingle du jeu. Enfin, avant de penser à lui, il a tout donné à l’entreprise qu’il dirige en maniant grâce à une poigne de fer dans un gant de velours.
La succession présidentielle fut difficile, puisque fin 2009, M. Proglio se voit confier une feuille de route avec une priorité donnée à la relance du parc nucléaire, alors que le taux de disponibilité ne cessait de baisser. Quelques temps plus tard, François Hollande est élu, lui aussi diplômé de la même école. Et pourtant, les relations sont difficiles. Le nouveau Président s’occupe de Fessenheim, et les décisions politiques rendent bien plus difficile le chemin pour mener à bien la feuille de route.

Nommé par Nicolas Sarkozy, Henri Proglio n’a pas cessé d’être dans une position inconfortable depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir. Beaucoup de rumeurs ont colporté des intentions de départ. Sans doute Madame Lauvergeon, proche de l’ancien Président Mitterrand, aurait sans doute aimé prendre le siège.
Il n’en est rien, et le patron inflexible n’a pas cessé d’accumuler les succès. Ce quinquennat sera son dernier, mais rien ne lui empêche d’être reconduit pour trois ans. Le quinquennat n’est pas possible compte-tenu de la limite d’âge lui empêchant (pour le moment) de prendre un mandat entier.

Des chiffres qui réchauffent

EDF a annoncé hier un bénéfice net de 3.5 milliards d’euros, en hausse de 7.4% par rapport à 2012, et un chiffre d’affaires de 75.6 milliards d’euros, en hausse de 4.7%.
Les ambitions étaient toutefois limitées, compte-tenu d’une consommation stable de l’électricité et de surcapacités de production en Europe. Il est vrai que l’hiver 2012-2013 a été particulièrement rigoureux, et la production a été bien vendue.

Au-delà de l’instant présent, EDF se prépare à l’avenir, notamment pour la transition énergétique. Le réseau d’électricité est en bonne santé. Les investissements ont été importants et resteront soutenus jusqu’en 2015 (plus de 12 milliards par an). Le compteur intelligent Linky va faire son apparition pour optimiser sa consommation et détenir les informations à distance.

Malgré cette activité débordante et ambitieuse, l’entreprise a réussi également à se désendetter de 47 milliards d’euros. EDF a aussi réduit ses coûts de 1.3 milliards d’euros l’année passée et compte accélérer sa performance en prévoyant 2.5 milliards d’économies d’ici 2015.

EDF est donc une entreprise en très bonne santé, avec un dialogue social serein. Elle brille et fait pâlir les autres concurrents potentiels, comme E-ON. L’entreprise effectue également une croissance externe à l’étranger. Les opportunités ne manquent pas.