Les Stratégies




Lundi 11 Mai 2015

L'assurance connectée prend de l'ampleur dans le monde entier. Les géants de l'assurance annoncent tour à tour de nouvelles applications et formules de contrats basées sur les données personnelles des assurés.


Assurance connectée : de fortes perspectives de développement
Depuis maintenant 2 ans, les assureurs inondent le marché d’applications de conduite connectées aux données. En France, Axa, Allianz, Maaf et Direct Assurance ont chacun lancé une application pour smartphones liée à la conduite, dont le but est d’aider les assurés à mieux conduire mais aussi, pour les assureurs, d'adapter et de moduler leurs produits d'assurance. Selon un article publié sur le site News-Assurance, "ces nouvelles applications prennent en compte quatre facteurs : la vitesse, l’accélération, le freinage et les virages. Elles attribuent ensuite une note finale qui permet au conducteur de savoir concrètement comment est sa conduite. Reliées au GPS du smartphone, toutes les applications permettent de voir s’afficher les itinéraires avec des indications sur les endroits où la conduite a été dangereuse, mais aussi de recevoir des conseils pour améliorer la conduite." L'auteur de l'article ajoute d'ailleurs : "De fait aujourd’hui, selon un Rapport de PwC, publié par Les Échos, 56 % des Français seraient prêts à communiquer des informations personnelles à leur assureur. Par ailleurs, toujours selon le même rapport 70 % des sondés accepteraient d’installer un capteur de données dans leur voiture ou chez eux. Le marché français est donc mûr pour le “pay how you drive”."
 
Par ailleurs, Axa s’est associé à Withings en 2014, le fabricant français d’objets connectés, pour lancer une nouvelle offre conjointe d’assurance, prélude à de futures développements dans la santé connectée. Les mille premiers clients de l'offre Modulango d'Axa Santé ont reçu un Pulse 02, le nouveau capteur de mouvements de Withings. Ainsi, pour la première fois, un assureur a collecté directement des données, lesquelles lui sont communiquées de manière volontaire par les clients et relatives à leur santé. Au-delà de l'aspect ludique d'un tel partenariat, des évolutions sont déjà envisageables, avec la mise en place de grilles tarifaires pouvant prendre en compte l'activité physique ou encore les habitudes alimentaires de chacun. Un premier pas, qui n’est pas des moindre, vers la convergence de ces objets connectés et de l’assurance…
 
Un article paru dans le New York Times et relayé par le site de RTL remarque que "cette nouvelle façon de faire de l'assurance pourrait dynamiter un marché en stagnation depuis plusieurs années"; "Un tel système pourrait également remettre en cause l'un des principes fondateurs du secteur, celui de la mutualisation des risques. En hyper-personnalisant les profils, les assurés aux comportements les plus vertueux verraient leurs cotisations baisser tandis que les individus identifiés comme ayant un comportement à risque verraient les leurs augmenter à chaque écart de conduite. Cette perspective porte aussi en elle les germes d'un système de surveillance généralisée (l'assureur pourrait vérifier que vous vous rendez bien à la salle de sport grâce à la géolocalisation de votre smartphone) et soulève la question du traitement de données hautement confidentielles."